Le marché du luxe recule de 7 % en 2009

Un chiffre qui claque comme une gifle : le marché du luxe s’apprête à reculer de 7 % en 2009. Un repli inédit depuis six longues années de croissance continue. Derrière ce constat, une étude annuelle signée Bain & Company, mandatée par Altagamma, l’association italienne des grandes maisons du luxe. L’Europe encaisse le choc de plein fouet, avec une baisse de 5 % déjà enregistrée en 2008. D’autres régions, pourtant, semblent mieux résister à la tempête. Les États-Unis s’accrochent, mais c’est surtout l’Asie qui tire son épingle du jeu, démontrant une résilience remarquable face à la crise.

À taux de change constants, le recul de 7 % sonne comme une mauvaise nouvelle pour les acteurs du secteur. Pourtant, la fluctuation des monnaies vient atténuer la douleur : la remontée du dollar et du yen face à l’euro limite la casse, ramenant la diminution des ventes à seulement 2 % en valeur courante. Cette nuance ne change rien au fond : le luxe traverse une passe difficile, et le responsable de l’étude ne mâche pas ses mots. Selon lui, la crise financière va entraîner certains segments du secteur dans une récession dont la durée et la gravité dépendront très directement de la capacité des entreprises à adapter leur stratégie.

Les groupes multinationaux, ceux dont les activités s’étendent sur plusieurs continents et produits, ne sont pas à l’abri. Eux aussi subissent de plein fouet le ralentissement global, même si leur diversification leur offre un semblant de filet de sécurité. L’Europe, qui pèse à elle seule 38 % du marché mondial du luxe, reste la zone la plus touchée. Ici, les chiffres plongent, les boutiques voient leur fréquentation baisser, et les grandes enseignes cherchent à limiter la casse.

Dans d’autres régions, la dynamique s’inverse. Voici quelques exemples pour mieux saisir le contraste :

  • L’Asie, portée par une Chine en pleine effervescence, s’offre une croissance à deux chiffres.
  • La progression attendue sur ce continent devrait atteindre 15 % cette année, portée par une demande locale et un attrait toujours plus fort pour les griffes internationales.

Ces chiffres ne sortent pas de nulle part : l’enquête menée par Bain & Company s’appuie sur les résultats de 220 marques emblématiques du secteur, de la haute couture à la joaillerie en passant par les accessoires et la maroquinerie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et si certains marchés flanchent, d’autres prouvent que le luxe n’a pas dit son dernier mot.

Dans l’œil du cyclone, les maisons de luxe européennes révisent leurs ambitions, tandis qu’en Asie, les enseignes s’apprêtent à ouvrir de nouvelles boutiques. Le contraste est saisissant : d’un continent à l’autre, le luxe ne raconte pas la même histoire. L’écart se creuse, et dans cette période de turbulences, une chose est sûre : le secteur devra jouer serré pour ne pas perdre son éclat.